bleumarie

mardi 3 août 2010

Il était une fois...


Je suis revenue mais cependant, je ne parviens pas à me réinsérer dans ma vie d'avant. Durant ces huit mois de rééducation, il s'est passé beaucoup de choses mais le temps était aussi comme suspendu.
On aurait dit que j'étais dans une bulle intemporelle. Je progressais tellement lentement vers le retour de la station debout, puis de la marche, que je n'imaginais pas qu'ailleurs la vie quotidienne s'écoulait pour tous.
Ce n'était pas un excès d'égoïsme, mais je devais me concentrer, rassembler toutes mes forces pour faire ces minuscules progrès qui m'ont amenée à pouvoir sortir du centre de rééducation.
Ainsi je suis sortie. Chancelante, faible, et totalement déboussolée d'avoir passé tout ce temps en vase clos.
C'est difficile de se réhabituer à vivre dans son environnement quand tant de temps et tant de choses se sont passés.
Je lisais tous vos commentaires, j'y trouvais du réconfort, mais je ne parvenais pas à aller vers vous.
Et ce qui est vrai dans le virtuel l'était aussi dans la réalité.
J'étais à nouveau dans une bulle où mon quotidien n'était rythmé que par les trois rendez-vous hebdomadaires chez mon kiné, et mes rendez-vous chez les médecins de temps à autre.
Et enfin le temps des vacances est arrivé. Je suis partie deux semaines en location en bord de mer, toute seule et c'était vraiment un sacré challenge ! Je n'étais pas sûre d'y parvenir. Mais beaucoup d'efforts, de souffrance aussi, m'ont permis d'aller de l'avant, à mon rythme. J'avais mon appareil photo avec moi et c'est l'envie de ramener de belles photos qui m'a conduite de plus en plus loin, marchant avec une béquille mais marchant quand même !



 Après beaucoup de douleurs jusqu'au milieu de la première semaine, j'ai commencé à aller mieux. J'ai pu diminuer la morphine. Je me levais avant le soleil pour pouvoir le photographier quand il apparaissait à l'horizon.
Ensuite, j'étais la première sur la plage, aux environs de 8 heures du matin. Je me baignais dans une mer d'huile et j'ai enfin retrouvé de la sérénité.
Bref, j'ai fait un long voyage et j'étais incapable jusqu'à maintenant de m'ouvrir à vous de ces soucis intimes. C'était mon secret mais j'ai décidé de le partager avec vous, pour que vous me compreniez...


 Je vous offre quelques-unes de mes photos de mes quinze jours au bord de la mer. Quand je pense à l'émotion que je ressentais le matin, en me levant avant l'aurore, je parviens à rester sereine.
Et ça, j'en ai besoin plus que tout.
Merci à tous pour vos commentaires. Au moins, je sais que j'ai continué d'exister ici, pendant que mon corps endurait la souffrance ailleurs, bien loin d'ici (géographiquement et psychiquement).
Prenez soin de vous. La santé est vraiment un trésor, de la santé découlent toutes les belles choses de la vie.




Bleumarie
Toutes les photographies de cet article 
sont de Marie B. et sous copyright.
Merci de ne pas les "emprunter" sans mon autorisation.