bleumarie

vendredi 3 juillet 2009

Steven Kenny, des oiseaux et des hommes ...


The Crux

Steven Kenny est un artiste que j'apprécie beaucoup et depuis longtemps. Il peint la nature, l'animal et l'homme qui est partie intégrante de son environnement sauvage.
J'aime aussi Steven Kenny car il peint beaucoup les oiseaux. Sa peinture ne tombe jamais dans la mièvrerie.
Il essaie de rester neutre dans ce qu'il nous montre. Parfois la nature (et par là j'entends aussi les animaux autres que l'homme) et l'homme entrent en symbiose ; parfois aussi Steven Kenny sait nous montrer que la cruauté fait partie de nous : hommes, animaux, nature.

The Egg

Ici, Steven Kenny est pris en flagrant délit
de voler un oeuf.
Le couple de colombes s'affole,
mais l'homme semble jouer.
Interprétation ? Je n'ai pas toutes les clés,
et puis toutes les pistes sont
bien sûr à explorer ...

The wreath (La Guirlande)

Les hommes peuvent être cruels ou bons, envers eux et/ou envers leur environnement ; parfois les animaux peuvent être cruels ou bons, les uns envers les autres (et là je pense surtout à l'homme).

The Semaphore

Ici la couronne est d'épines, et la femme semble bien cruelle. Le sémaphore ? C'est une sorte de phare, qui guide les navires... Ce sémaphore là n'a été qu'un piège pour percer le coeur de ces blanches colombes et faire apparaître comme un nid ce qui sera l'instrument de leur mort.

The Scaffold (l'échafaudage)

C'est l'homme qui est en cage ici, mais il semble indifférent à son propre sort.
Peut-être parce qu'il "se sent pousser des ailes" et qu'il sait déjà que le meilleur reste à venir ?

The figure praying

Quelle est donc la prière de cette femme ?
Le rêve secret de l'Homme depuis
qu'il est Homme ?
Celui de voler tel un oiseau ?

Fledge (traduction un peu hasardeuse mais qui indique la croissance des plumes...)

Enfin ! L'homme a les ailes qui poussent,
mais pas dans le dos, comme les anges !
L'homme n'est pas un ange !
Les ailes ont poussé (à force de prières ?) sur les côtés des pieds, comme à Mercure...
Mais quand il s'agit de s'élancer
du haut de la falaise,
à l'instar des oisillons qui vont tester pour la première fois l'expérience du vol,
la peur saisit l'homme, on le sait en voyant ses orteils se contracter, tentant de se dérober.
Mais le guide patient est là,
l'oiseau ami, l'oiseau parent,
il nous montre le "chemin"
ou plutôt la voie des airs...


The last Dodo (Le dernier Dodo)

Le dodo est cet oiseau malheureusement disparu aujourd'hui, on le disait trop "bête" parce qu'il faisait confiance à l'homme et se laissait approcher très facilement.
Ici, l'homme représenté est Steven Kenny lui même, on le reconnaît également dans les deux peintures en haut de l'article. Dans cette peinture, l'homme se rachète de sa faute. L'extinction du Dodo a été provoquée par l'homme
et l'homme doit sauver
"The last Dodo".

The Swan (le Cygne)

L'oiseau est mort, mais son plumage ne réchauffe pas celle qui le porte.
L'oiseau est mort en vain.
La mort ne doit pas tenir chaud, c'est ainsi...
Le sacrifice de l'un ne sauvera pas l'autre.
C'est vivre ensemble ou mourir ensemble ...
Et c'est très bien ainsi.


Il y a toute la multiplicité des sentiments : de la cruauté à l'amour, dont Steven Kenny se sert comme d'une palette pour nous montrer que tout n'est pas blanc ni noir. L'animal et l'homme sont intrinsèquement liés, pour le meilleur et pour le pire, et en tout cas se partageant le même "territoire"...

The blindfold (Le bandeau)

Cette femme s'en remet à l'oiseau pour la guider.
Il est ses yeux, Il est son guide.
Mais il est aussi celui qui l'aveugle...
Il est attaché à elle, ils sont donc liés, ils doivent ne faire qu'un pour avancer.
Elle ne peut le libérer de ses liens, il ne peut donc la libérer de son bandeau.
Qui donc a lié ces deux là d'un ruban rouge ?
Lié l'oiseau à la femme,
l'oiseau qui aveugle la femme,
Lié les mains de la femme
dans un geste de prière, et à l'intérieur
d'une cage d'épines pour qu'elles ne puissent
se libérer puis libérer l'oiseau ?


Voici une superbe série de "perchoirs" peints par Steven Kenny à différentes périodes de sa vie. Je les aime beaucoup.





Steven Kenny est, pour moi, un des artistes qui réussit le mieux à peindre la complexité de l'homme et de l'animalité qu'il porte encore en lui mais qu'il tente de refouler. Quitte à ne plus se sentir en harmonie avec son milieu originel : la terre.

heartbeat

J'aime beaucoup cette image
qui me rend nostalgique du Commencement.
L'être humain à l'écoute du coeur de la Terre.
L'Homme qui semble si fragile
et qui pourtant dominera la Terre
et la conduira - sans doute - à sa perte ...

http://www.stevenkenny.com/index.html


Textes et légendes Marie B.