
Un jour comme les autres, sur la blogosphère Orange, moi qui avait toujours imaginé qu'un blog n'était qu'un "journal intime" exposé au grand jour, je me suis laissée tenter.
Il est vrai que mon frère, casajordi (voir dans mes liens) avait tout fait pour me convaincre d'ouvrir un blog, en essayant par la flatterie : " Oui, toi qui aime écrire et qui le fait si bien, il FAUT que tu fasses un blog".
Je voyais bien que son blog était beau et n'avait rien d'un journal intime. Mais lui est un ARTISTE. Un VRAI ! Et là, ce n'est pas de la flatterie. Que celui qui n'est pas d'accord avec moi, après visite sur son blog, vienne me rejoindre à la récré pour qu'on en discute !
Bref, je faisais ma têtue, je suis douée pour ça, et là je n'en doute pas !
Mais comme Achille avait son talon, j'ai moi aussi une faille. Je suis joueuse ! Et lorsqu'un beau jour un mail émanant d'Orange est arrivé dans ma messagerie en promettant un tirage au sort, avec un beau voyage à gagner, parmi tous les nouveaux blogs créés, je me suis dit "Tope là !".
J'ai commencé l'inscription. Nom du blog ? Euh, je ne m'y attendais pas mais là tout de suite, il fallait que ça parle du bleu. Alors j'ai trouvé ce titre Bleu horizon, Bleu évasion. J'aurai pu mettre aussi Bleu passion mais ce n'est pas ce qui m'est venu en tête de prime abord.
Rubrique suivante à remplir : Description du blog ? Alors j'ai mis ce que vous pouvez lire encore maintenant, tout ça de façon très spontanée.
Je me disais que c'était un passage obligé juste pour participer au tirage au sort, mais je n'avais pas l'intention de continuer.
Et puis : Premier article ? Là non plus aucune hésitation. Je voulais parler de ce qui me touche, le bleu, la mer, la peinture, et puis bien sûr Dali, catalan du Sud, et moi catalane du Nord... Mais le Sud et le Nord ne comptent pas, l'important c'est CATALAN ! Et même sans cela, quel artiste !!! Enfin, j'ai parlé un peu de moi, sans vraiment m'attarder, seules les personnes qui me connaissaient pouvaient à l'époque décrypter le pourquoi de cette image et de mon interprétation.
L'enfermement, l'envie de liberté mais aussi la difficulté d'y accéder... Tant de choses, tant de choses ...
Alors quand j'ai eu fini d'écrire d'un seul jet (comme je le fais pour tous mes articles) ce tout premier article, j'ai su que je reviendrai.
Cette aventure Orange a duré du 2 décembre 2007 et s'éteindra le 20 juillet 2009. Orange vire ses blogs. Et me voici maintenant ici, avec beaucoup plus de liberté, de marge de manoeuvre, et après une grande tristesse, je me jette à corps perdu dans ce nouveau blog.
Seulement je dois vous expliquer une dernière chose. Mon premier article est resté "A la Une" de mon blog orange tout le temps, et il y est encore jusqu'au 20 juillet.
A la suite de ce premier article, je me suis vraiment rendue compte que ce thème d'Une Femme à la Fenêtre m'était cher, et qu'il me permettait de m'exprimer bien plus que dans l'écriture de n'importe quel autre style d'article... et ceci sans tomber dans le genre "journal intime à la portée de tous !"
C'est donc devenu mon thème fil rouge chez orange. Je crois que mes meilleurs articles ont été parmi ceux-là. Il y en a certains où j'ai mis mes "tripes à l'air", et cela a pu choquer. Ce n'est pas que je me racontais dans le texte, mais consciemment ou inconsciemment, et ceci depuis ma toute première Femme à la Fenêtre de Dali, toutes les "Femme à la Fenêtre" (et je le mets au singulier car c'est à chaque fois UNE femme à la fenêtre) il y a un peu de moi dans cette femme là. Ce qui a pu choquer certains, c'est une certaine "noirceur", un côté pessimiste, une tristesse sans fond. Je me souviens d'un article en particulier et je vous le mettrai prochainement ici.
Si vous n'êtes pas encore fatigués de lire ce long prologue, je vous offre maintenant le texte original - que mes ami(e)s blogueurs et blogueuses d'Orange connaissent par coeur - qui a donc été écrit le 2 décembre 2007. Je ne savais pas qu'il y aurait tant d'articles qui suivraient, y compris celui-ci ...
Merci pour votre patience et votre indulgence.

Pourquoi cette oeuvre de Dali en toute première page de mon tout premier blog ?
Eh bien, il y a tout d'abord le bleu, omniprésent dans cette toile.
Et puis le fait que Dali soit catalan. Pour moi qui vit en Catalogne Nord, il n'était pas possible de ne pas rendre hommage à ce merveilleux artiste, enterré non loin de Perpignan, juste de l'autre côté de la frontière espagnole, à Figueres.
Enfin surtout à cause de la très forte identification que j'ai avec cette femme. Contemplative, un peu triste sans doute, nostalgique d'un temps qui passe et qui ne reviendra plus.
Il y a d'un côté de la fenêtre la mer, intemporelle, qui a toujours été là et qui continuera à enchanter le paysage longtemps après notre disparition. Et à l'intérieur, cette femme. Mortelle. Humaine. Enfermée à l'intérieur de la chambre, enfermée à l'intérieur de son corps. Elle attend ou elle n'attend plus. Quelle importance ? Je me sens si proche de cette femme.
Elle est habillée en bleu, elle affiche des courbes, des rondeurs féminines. Féminité encore exacerbée par ses cheveux longs, nonchalamment lâchés et qui reposent sur son épaule droite.
Tout comme la chambre qui présente un mur sans artifice, ni peinture, ni papier peint, ni tableau, cette femme semble être vêtue sans recherche, comme on peut l'être chez soi quand on attend personne. Elle est peut-être en peignoir, mais elle aussi est sans artifice, comme les murs de la pièce.
En fait, c'est la mer qui tient la vedette. Notre regard est dirigé vers elle, nous ne sommes que le prolongement de cette femme.
Nous apercevons la côte depuis la fenêtre, et ce vert est la seule concession faite par Dali à une autre couleur que le bleu ou le bleu gris ...
Maintenant, que vous soyez homme ou femme, imaginez vous dans le regard de cette femme, épousez ses pensées.
Et racontez moi .... Racontez-vous ...