bleumarie

vendredi 23 mars 2012

In Memoriam

Un beau bébé de 1936, habillé en fille comme cela se faisait à l'époque

Il y a seize ans aujourd'hui, le samedi 23 mars 1996, mon papa nous quittait.
Il venait à peine d'avoir soixante ans.
C'est un jour toujours plein de tristesse car on ne s'habitue jamais à l'absence d'un être aimé.
Je sais que les informations des derniers jours ont montré des scènes terribles de parents qui avaient perdu leur enfant.
Mais ce n'est pas parce que "c'est dans l'ordre des choses" de perdre ses parents que l'on peut se résigner pour autant.
J'avais encore tellement à lui dire ! Tant de moments à vivre avec lui...
Comment savoir qu'on a plus de temps à perdre pour dire "je t'aime" ?
Et comment le faire quand l'Amour est pudique, jamais tout à fait dévoilé et pourtant si présent ?
Cependant j'ai malgré tout pu lui dire au moins que je l'aimais, même si je n'ai parlé qu'à son enveloppe charnelle. Mais étrangement, j'ai été apaisée de pouvoir être près de lui au funérarium.
Il faut dire qu'il est parti très vite, sans peut-être même réaliser et son visage était serein. Il a été victime d'un infarctus foudroyant.
Je l'ai trouvé beau. Mais c'était étrange car je l'ai toujours connu avec ses lunettes qu'il ne quittait que pour dormir. Et j'ai demandé à maman pourquoi il n'avait pas ses lunettes.
Cela peut paraître idiot a posteriori, mais c'est ce que j'ai pensé sur le coup ; qu'il avait besoin de ses lunettes ! Cela prouve bien l'état dans lequel on se trouve dans ces moments douloureux, dans une sorte de déni de la réalité...
Il a toujours été en bonne santé. Enfin plus exactement, il ne s'écoutait pas. Hélas il fumait beaucoup et avait une toux chronique qui devait bien fatiguer son coeur.
De toute sa vie, il a été absent au travail uniquement quand il a eu une pneumonie.
C'était un homme discret qui ne disait jamais de mal sur personne. Ses passions étaient le jazz New-Orleans (Louis Armstrong, Sydney Bechett etc.), sa collection de timbres et celle de minéraux.



Je me souviens qu'il a pleuré quand on a appris le décès du grand Louis.
Je me souviens aussi avoir eu l'autorisation exceptionnelle de me coucher très tard pour regarder le premier homme marcher sur la lune.
Je pense que je m'étais endormie sur le canapé mais nous étions rien que tous les deux et c'était un instant magique, alors que je n'étais qu'une petite fille.
J'allais à la pêche avec lui. J'avais une petite canne à pêche pour enfant et même s'il ne parlait pas beaucoup, il me suffisait d'être près de lui pour être heureuse.
Il m'a appris à écouter vraiment la musique, en m'expliquant qu'en fermant les yeux, on entendait bien mieux.
A l'adolescence, nous nous sommes opposés mais c'était bien normal.
J'ai des centaines d'autres souvenirs de lui mais je ne peux ici tous les exposer.

Aujourd'hui, j'ai seulement envie de l'évoquer, lui, mon papa.

Un enfant unique, un peu triste et renfermé
Papa pour la première fois, c'est moi dans ses bras.
Il n'aimait pas la plage, mais il faisait un effort pour moi.





Mon papa à gauche, mon grand-père maternel à droite et moi au milieu !




Il n'était jamais le dernier à faire des farces ou à s'amuser.