
Tout d'abord merci à tous celles et ceux qui restent fidèles malgré mon absence... Merci pour vos encouragements et vos voeux chaleureux. Comme il m'est difficile de pouvoir me connecter, je ne peux bien sûr pas vous répondre personnellement. Mais je crois l'avoir déjà dit, non ?
Merci aussi à mes deux supers Rédacteurs (Farenheit et Geogre) qui écrivent des mots gentils tout plein et accompagnés par de bien jolies zimages.
Alors voilà, j'ai demandé la clé de l'armoire où est enfermé l'ordinateur, en expliquant que j'allais la garder toute la nuit... Bon, je ne vais pas rester toute la nuit connectée, mais je vais m'appliquer pour vous faire un bel article. C'est sûr qu'à un moment donné, mon corps demandera grâce car je suis à demi enfermée dans le placard de l'ordinateur, ou au moins ma jambe opérée qui repose sur le "cale-jambe" de mon fauteuil roulant !!! Donc j'ai du coup les bras trop courts pour attraper le clavier et c'est mon dos qui se penche pour parvenir à taper sur le clavier ! Imaginez le tableau quelques minutes et vous allez rigoler !...


Bref, mon environnement actuel étant composé à 90% de personnes âgées, j'ai pensé faire mon article sur ce sujet. Je ne communique pas beaucoup avec les autres patients de mon centre de rééducation. Ce n'est pas que je les snobe... Mais j'aime l'isolement qui me permet de lire, d'écouter de la musique, de penser aussi... comme une sorte de "retraite" dans un monastère mais en plus "confortable". J'ai mis des guillemets à "confortable" car il y a la souffrance physique qui est intimement liée avec ma présence ici. Et souffrir n'aide pas à communiquer. Surtout quand on se retrouve face à des personnes qui, elles aussi, ont leur propre souffrance à gérer.

Tout à l'heure, quand je suis descendue dans le service kiné, je suis restée saisie par l'émotion : mon kiné (un espagnol de 25 ans, beau comme un dieu grec et qui me fait fantasmer à mort avec ses beaux cheveux noirs et ondulés, ses yeux noisette et chaleureux...), se tenait debout au milieu de la grande salle et il enlaçait un vieil homme afin de lui servir d'appui dans sa station debout. Ils étaient tous les deux face à face, la tête du vieillard arrivait à hauteur de la poitrine du kiné et dodelinait doucement. Le jeune homme servait en quelque sorte de "tuteur" (comme pour une plante) au vieux monsieur. Je vous assure que c'était saisissant, émouvant, poignant ... Un couple insolite mais tellement dans la tendresse et la douceur !
Une photo que j'aurais aimé prendre.
Texte Marie B.

"Tricoteuse d'avenir"
« Assise la fileuse au bleu de la croisée où le jardin mélodieux se dodeline, le vieux rouet qui ronfle l'a grisée...» Air à la mode ? Pas à la mode ? Rock'n roll ou fox trot , hip hop , katchak , charleston ou bien quadrille , ici à Moissy-Moulinot (26 habitants) , là-bas à Paris (12 millions ) ou encore à Londres , New York , Bamako, Calcutta, Gopalpur, Vladivostk. jamais personne n'a pu se passer de l'essentiel : à savoir tricoter l'avenir. Peu importe l'âge, l'époque , la civilisation , la culture, la religion , prendre les jours dans ses mains , les assouplir , les arrondir, les allonger, les effiler , les passer l'un sous l'autre avec une aiguille, un fuseau ou rien qu'avec les doigts est une activité universelle que pratiquent (souvent sans le savoir) la quasi totalité des humains. Chacun des jours multipliés par le nombre d'humains, le total étant lui-même multiplié par le nombre de mains et suivant l'habilité de chacun par tous les gestes quotidiens ô combien différents , le total nous fait , à tous, l'habit du lendemain, toujours à la mode du moment. Bleu horizon, rouge chagrin, ou vert de gris, sentant la poudre par mauvais temps , notre habit à tous est parfois lourd à porter..."
Texte de Paul Valéry
P.S : C'est dingue quand même... Je suis tombée sur ce texte de Paul Valéry un peu par hasard, parmi les milliards de textes du net... et on dirait qu'il a été écrit pour moi et pour la situation que je vis actuellement !
Regardez, tout y est ! Le bleu, la croisée (fenêtre) et puis dans la dernière phrase, ce " Bleu horizon" qui n'est rien moins que la moitié du titre de mon blog ! Croyez-vous au hasard ?