bleumarie

jeudi 24 juin 2010

Miminepo, profession "photopeintre".

Face cachée

A l'instar de tous les artistes, Miminepo, à travers son univers photographique, montre tantôt son côté lumineux, souriant (farceur aussi, comme on a pu le voir précédemment) tantôt son côté plus sombre. 
Tout le monde possède un côté sombre mais la plupart d'entre nous, ceux qui n'ont pas l'âme d'un artiste, devons vivre avec.
Je pense que l'artiste, quelque soit l'art qu'il pratique, a cette chance incroyable de magnifier leur "côté obscur".
Et nous, pauvres humains sans don, nous sommes assoiffés des œuvres que nous admirons partout là où elles se trouvent... et, en silence, nous sommes un peu jaloux sans doute, de ceux qui parviennent à exprimer lumière et ombre, jour et nuit, sentiments inavouables et douceur de l'Amour.
Mimi, je te prends la main, je regarde tes créations, et j'imagine.
Un duo qui, somme toute, ne fonctionne pas si mal ! Et vous, joignez-vous à nous et mettez vos pas dans les empreintes de Miminepo...


Miminepo back


Alors, nous sommes dans la peau de Miminepo. Que fait-elle ? Que veut-elle nous montrer qui est si important qu'elle nous tourne le dos ?
Je ne sais pas si j'ai raison ou bien si j'ai tort, mais d'après moi, Mimi veut diriger notre regard sur l'œuvre d'un autre artiste.
Dès que j'ai vu cette création de Mimi, je me suis dit : "Elle regarde ça !"

Bleu II de Joan Miro  (1961)
Et n'est-ce pas là toute la générosité d'une artiste que de nous offrir ses yeux pour découvrir l'œuvre d'un autre artiste ? En tout cas pour moi, c'est une des qualités premières de Miminepo : la générosité. Si vous la connaissiez, vous l'aimeriez forcément.

Infanta

Miminepo aime les artistes. Elle aime la peinture mais son don à elle, c'est surtout la photo. Et par ce moyen, qu'elle utilise avec beaucoup de dextérité, elle essaie de se rapprocher de la peinture.
Comment ne pas comparer cette "Infanta",toute en dégradés de bruns et imprégnée de douceur, avec certaines oeuvres d'un certain Georges de La Tour, maître en la matière ?

Nativité de Georges de la Tour

Regardez le geste protecteur de la main, ces tons de brun, et la lumière diffuse qui adoucit les visages. Je ne pense que pas que Miminepo soit consciente de ces "rapprochements" entre son travail et des tableaux peints par de grands artistes. Quand j'ai vu son "Infanta" la première fois, j'ai aussitôt écrit un commentaire qui disait justement à quel point j'étais frappée de la ressemblance entre son travail et le peintre Georges De la Tour. Elle m'a répondu en m'expliquant qu'elle était contente de mon commentaire car elle tendait justement à se rapprocher de la peinture. Elle était agréablement surprise de ce rapprochement que je soulignais. Et là, je me suis rendue compte qu'elle ne l'avait pas fait volontairement ! Et cela montre l'étendue de son talent. Mimi s'est faite artiste photographe en expérimentant, sans un matériel sophistiqué puisque - comme je vous l'avais dit au chapitre précédent - elle a commencé à photographier avec un téléphone portable ! C'est une autodidacte. Et personnellement, je suis admirative devant son talent.
J'avais prévu de ne faire que deux articles pour vous parler de Miminepo. Mais il m'en faudra plus pour vous faire découvrir l'étendue de son talent.
Une dernière création de Miminepo avant de clore ce deuxième article, et pour vous donner, bien sûr, l'envie de revenir.
Fisherman

C'est sa création qui a le plus de succès sur le site où elle exposait (elle n'y expose plus, mais c'est une longue histoire qui ne regarde qu'elle).
Et c'est vrai que c'est vraiment époustouflant ! La création d'un Monde dont elle seule à les clés.
Je me demande pourquoi il n'y a pas davantage d'artistes fous, car créer un Monde, c'est se prendre pour Dieu, non ?

P.S : Non Mimi, je n'ai pas dit que tu étais folle !

 Texte de Marie B.

Merci de ne pas reproduire les créations de Miminepo sans son autorisation; ni mon texte en entier ou partiellement sans mon autorisation. 

jeudi 27 mai 2010

L'Univers de Miminepo

L'univers de Miminepo est un univers dont on ne se lasse pas. Je vais vous en parler comme d'une Artiste, une vraie avec un grand A, mais aussi comme une personne très attachante, généreuse et entière.
Je ne vous cache pas que j'aime beaucoup Miminepo (on peut dire Mimi, c'est plus court), elle n'hésite pas à donner des conseils, répondre à toute personne qui lui écrit et même remonter le moral quand on est bien bas.
Même si de très nombreux artistes et amateurs photographes sont persuadés du talent de Mimi, elle ne vit pas de sa passion, hélas ! Elle travaille dur et je crois pouvoir dire que la photo, telle quelle ou modifiée par photoshop, lui permet de s'évader, de voyager, de rêver.
Maintenant laissons place aux images qu'elle a fort gentiment accepté de me "prêter". Merci de ne pas les utiliser sans lui demander.


Voilà Miminepo. Elle fait volontiers des autoportraits (ici "Eyes 2 mOOns" ) où elle pratique sans hésiter une auto-dérision. Je pense que les anciens blogueurs d'Orange se souviendront de cette photographie. En effet, il y a longtemps que j'admirais son travail. Le fait de m'inscrire sur le site Art limited a été le déclic pour que nous fassions réellement connaissance.
Comme je vous le disais, elle adore se "déformer", pratiquer sur elle même des expériences photographiques, son imagination semble sans limites ! De même pour le titre de ses créations, souvent drôles et toujours choisi avec soin.
Voici Miminepo en pleine "Introspection" !

Elle fait souvent avec les moyens du bord, n'a pas un matériel sophistiqué, au tout début elle photographiait même avec son téléphone portable !

 La voici même en "Gorgone-Méduse" !

Elle n'a jamais peur du ridicule, elle fait passer la photo avant tout. Mais la Belle sait aussi se photographier sans artifice de photoshop. La voici dans un pyjama à rayures acheté aux puces !
"En pyjama dans la rue"

J'ai bien sûr aimé cette image qui n'est pas tout à fait "la femme à la fenêtre" mais qui s'en rapproche malgré tout (il y a une fenêtre et une femme à côté). J'ai plutôt vu son pyjama comme une "tenue de prisonnière" et les barreaux de la fenêtre comme ceux d'une prison. Ce qui l'a d'ailleurs amusée. 
Mais elle a vraiment le don d'enflammer l'imagination, et la mienne ne demande qu'à flamber !
La voici encore sur cet autoportrait intitulé "Moi même". Il ne faut pas lire le titre comme la preuve d'une personne à l'ego sur-dimensionné,  mais comme une énième auto-dérision.
 Toujours naturelle et très loin de la sophistication que de nombreux artistes photographes ou autres affichent parfois.


Voici encore Miminepo avec "Le nouveau chapeau". Elle m'a donné le secret de la confection de cette image, et c'est bluffant. Je ne peux pas vous expliquer comment Mimi est parvenue à ce résultat, mais elle a fait preuve d'une imagination - encore une fois - sans aucune limite. Pas dans le sujet choisi mais dans la "fabrication" ! C'est une bricoleuse. Elle cherche, et je crois pouvoir dire que ça l'amuse beaucoup que l'on échafaude des théories sur le procédé utilisé. C'est fait de bric et de broc et surtout d'un grand talent...
Mon prochain article vous parlera justement des créations de Mimipo. Pour vous donner l'envie de revenir, voici un aperçu de son univers :

La chute des corps

Si vous brûlez d'impatience, vous pouvez toujours aller voir ses créations ici.
Je vais commencer à passer chez tous ceux qui ne m'ont pas oubliée durant ma très longue hospitalisation. Ce sera long, mais c'est promis. Et encore merci à ceux qui m'ont écrit, se sont réjouis de mon retour. Pardon d'avoir tardé à écrire ce premier article mais je m'en voudrais de ne pas faire honneur au talent de celle que je considère comme une amie et une inspiratrice.
A très vite, prenez soin de vous.

Marie toujours bleue...

mardi 18 mai 2010

Encore un peu de patience ...

Coucou !

Je mets du temps à revenir vers vous et je vous demande de m'en excuser. J'ai beaucoup d'émotion à lire vos coms où vous exprimez votre plaisir dû à mon retour. Je ne vous oublie pas, mais j'ai prévu un bel article qui demande un peu de temps à être bouclé. En attendant, je vous offre ces quelques roses qui m'ont été offertes. J'ai aimé les photographier.
En parlant de photos, je suis également sur un blog spécialisé photos. Pour patienter, voici le lien : cliquez ici ...
A très bientôt, prenez soin de vous.

                                                                                               Photographie de Marie B.

mardi 4 mai 2010

Retour au printemps

Je suis de nouveau parmi vous et je suis très heureuse. Voici pour chacun d'entre vous et pour le régal des yeux, un petit diaporama qui "fleure" bon le printemps...


mercredi 24 février 2010

Coucou amie BLEUe (-;

- Où vas-tu petit "prince" ?
- Chercher mon amie BLEUe !

- Quand revient-elle ?
- Bientôt, bientôt... C'est ce que je souhaite VIEvement !

- Et que transportes-tu ?
.....
...
..
.
..
...
.....

- (-: Ses rêves :-)

- EMBRASSE la pour nous !
- Plutôt 2fois qu'une (-;



mardi 19 janvier 2010

Quoi ma trogne, qu'est-ce qu'elle a ma trogne ???



Je ne vous oublie pas. Les choses ne se passent pas aussi bien que prévu et ma sortie est encore repoussée d'un mois. Je n'ai pas envie de m'étendre là-dessus, mais plutôt de vous faire plaisir avec un nouvel article.
Prenez soin de vous.

Photographie de Gilles Montavon





La trogne renvoie à un système particulier de taille d’arbre, qui n’existe quasiment plus aujourd’hui. Les trognes sont des arbres qui, dans la campagne, sont traditionnellement étêtés suivant un cycle permettant le renouvellement rapide des jeunes rameaux. La "tête" correspond à l’endroit de la naissance des branches, qui une fois coupées forment des boursouflures cicatricielles depuis lesquelles repoussent de nouveaux rejets.





Depuis une cinquantaine d’années, ces silhouettes d’arbres étêtés ont disparu de nos campagnes. Leur abandon a aussi entraîné l’apparition de drôles d’objets : sur le tronc massif, de nouvelles
pousses jamais retaillées sont devenues de véritables arbres, comme si le fût principal supportait une véritable futaie. On est devant une espèce de forêt surélevée à 2 ou 3 mètres au-dessus du sol.

Pour les amoureux des arbres et de nature, visitez CE SITE, il est très complet et passionnant.


Voici quelques histoires d'arbres. La seconde vidéo est dédiée à l'un de mes chers amis, que vous reconnaîtrez facilement.

Flowers and trees

Un film de Disney sorti en 1930. Il fut le premier dessin animé à être produit en Technicolor. Ce fut un succès commercial énorme. Il reçut, en 1932, le premier Oscar décerné à un dessin animé.





Icarus & the Tree Herder
par mytikrapo



Sagesse hindoue

L'homme vertueux ressemble à l'arbre touffu,
qui, exposé aux rayons du soleil,
répand la fraîcheur sous ses branches.

samedi 26 décembre 2009

Une décou..verte : la forêt selon Bogdan Jankowski

Bonjour à tous.

J'arrive déjà pratiquement à la fin de ma "permission" exceptionnelle pour venir passer Noël en famille.
Tout s'est bien déroulé, chacun était heureux de recevoir et/ou de donner, maman avait préparé comme toujours un succulent repas et j'étais heureuse de voir mes enfants, et bien entendu tout le reste de la famille. Ce n'était pas un banquet, c'est la famille proche : soit huit membres.
Par contre je dois avouer que je vais être soulagée de rentrer au centre de rééducation. Comme c'est pénible de se déplacer avec un déambulateur, dans un appartement qui n'est pas conçu pour ! Mon lit est trop bas, et je slalome difficilement d'une pièce à une autre. Et bien sûr je suis tombée. J'ai voulu aller trop vite pour décrocher mon téléphone qui sonnait et je me suis retrouvée par terre.. et ce n'était pas la faute à Voltaire :))
Rien de trop grave mais heureusement que mon fils était là pour m'aider à me relever !
J'espérais pouvoir passer vous faire un coucou et vous souhaiter un Joyeux Noël sur vos blogs, mais le temps s'est vite écoulé.
Mais qui dit Noël dit Cadeau, et je me suis baladée sur la grande toile, grâce à mes "marque-pages". Ces précieux sésames que j'ai récoltés depuis des années en surfant sur internet, et que je n'ai que chez moi, pas au centre de rééducation.

Je souhaite vous faire respirer de la bonne chlorophylle et de voir les choses en vert (pour une fois) plutôt qu'en bleu.
J'ai demandé à un formidable photographe "amateur" (si tous les pros étaient aussi bons que cet amateur, ce serait extraordinaire). Je me suis surtout intéressée à une série de photos qu'il m'a très gentiment autorisée à utiliser.
Il s'en dégage une force spectaculaire. Personnellement, je suis restée béate d'admiration devant ses photographies. C'est tellement beau, mais aussi tellement fragile ! Dire qu'un tel trésor pourrait disparaître à l'instar de toutes les belles forêts qui ont été rasées, pillées, brûlées, par des hommes inconscients et/ou criminels.
Alors je vous propose sans plus attendre de découvrir les photos de Bogdan Jankowski, un talentueux polonais de la ville de Wroclaw.

The roots

Les racines ! Voilà un symbole qui saute aux yeux. Ces racines puissantes qui se ramifient sous terre pour amener la vie jusqu'à la cime de l'arbre, ces racines existent aussi pour nous autres les humains. Même si maintenant les racines familiales se sont distendues, si les grands-parents, parents et enfants peuvent vivre à des centaines de kilomètres... ou habiter à quelques kilomètres sans avoir envie de se rencontrer... ces racines sont importantes pour les humains comme pour les végétaux. Il ne s'agit pas forcément d'une famille de coeur, mais chacun devrait pouvoir être entouré, soutenu, par des personnes qui l'aideraient à "tenir debout". Il y a aussi les racines que l'on a quand on habite une région d'où l'on est natif,
où l'on se sent fort et bien.
Bref, chacun(e) peut avoir ses racines, et même les choisir. A force de le vouloir, cela est possible, comme pour beaucoup de choses...

The old forest 4

Un étrange tronc d'arbre mort, qui semble hérissé de têtes d'oiseaux pétrifiées.
Je suis fascinée par cette photo, qui montre bien ici le talent de Bogdan Jankowski. L'oeil de l'artiste sait débusquer ce qui va être transfiguré, magnifié, par la photographie. Un sculpteur aurait pu vouloir faire quelque chose comme cela. Montrer un arbre mort, et des têtes d'oiseaux qui seraient morts aussi, emportés dans la chute de leur arbre abri...
C'est poétique, c'est poignant, c'est d'autant plus fort
que seule la Nature a créé
cette oeuvre riche et émouvante.

The old forest 3

Un arbre est mort. Il est venu s'allonger entre les siens. Il est certainement déjà l'hôte de petites vies, animales et végétales. Mais bientôt, la mousse le recouvrira lui aussi et lui redonnera des couleurs. C'est magnifique ce cycle, ce recommencement, la mort donne la vie.
A condition, une fois encore, que l'homme ne vampirise pas ce territoire de la vieille forêt.

The old forest 2

Le vieux tronc tombé un jour de grande tempête est désormais le terrain de jeu des champignons, des mousses et lichens, et d'une jeune pousse ambitieuse qui se dresse insolemment dans une dynamique verticalité !

The old forest 1

Un artiste fou a enchevêtré pour nous les arbres, les feuilles, les branches, les plantes et la mousse recouvrent tout.
C'est la forêt d'émeraude.

The forest moss

Ce que j'aime dans cette photo, c'est le contraste entre ce qui est "mort" et vivant, marron et vert ... Mais le mot "mort" ne reflète pas notre réalité. Puisque c'est grâce au humus extrêmement riche que peuvent naître les nouvelles pousses, et la mousse de la forêt. J'aime cette odeur de forêt quand il a plu, en automne. C'est à ce moment que l'odeur du humus est la plus forte. Nous marchons sur un tapis épais où la vie règne en maîtresse.

Breakfast in the forest

Une dernière photographie de Bogdan Jankowski, que je remercie pour sa gentillesse, qui m'a autorisée sans aucune contre-partie à utiliser ses photos. Ce pourrait être la photo idyllique, où l'homme et la nature cohabitent, avec respect et bonheur.
Je trouve cette image sereine et belle. J'envie cet homme qui respire à plein poumons l'air riche de la forêt, qui est entouré de calme, probablement ponctué de chants d'oiseaux. Le bonheur ! Oui, mais pour combien de temps encore ?

Photographies de Bogdan Jankowski
Texte de Marie B.

vendredi 25 décembre 2009

Noël !

Des yeux émerveillés . . .
Des mains qui offrent . . .


JOYEUX NOËL !

Dreaming Bear de Jackie Morris


Give me a hand de Naftali RazEyes de Wei Liu


Christmas through her eyes de Deb Cloud

Children eyes de Stefano Martini

Children at Christmas de Don Harper


dimanche 13 décembre 2009

Dans 150 ans . . .

Photographie de Ian Clark

Bonjour et bon dimanche,
Je sais que je ne devrais pas vous écrire quand je suis un peu dans le bleu blues comme aujourd'hui. Mais je voudrais tout de même partager avec vous cette chanson que j'aime tant.
J'écoute beaucoup mon MP3 ici. Je m'isole davantage encore, une petite bulle de musique dans la bulle qui est ma chambre et mon univers depuis trois mois.
C'est amusant, mon MP3 est tout petit, mais j'ai choisi des écouteurs énormes, matelassés, et je n'entends plus rien de ce qui se passe autour de moi !
Mais au moins la qualité musicale est excellente, et souvent je m'endors, bercée par les chansons qui défilent dans mes écouteurs...
A bientôt.

Dream of Sleep de B Read

Et dans 150 ans

par Raphaël

(Album: Caravane)

Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De ta première ride, de nos mauvais choix,
De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'armes,
Des types qui votent les lois là bas au gouvernement,
De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,
Du temps qui avance, de la mélancolie,
La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,
Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,
Alors souris.

Dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De la vieillesse qui prend, de leurs signes de croix,
De l'enfant qui se meurt, des vallées du tiers monde,
Du salaud de chasseur qui descend la colombe,
De ce que t'étais belle, et des rives arrachées,
Des années sans sommeil, 100 millions de femmes et
Des portes qui se referment de t'avoir vue pleurer,
De la course solennelle qui condamne sans ciller,
Alors souris.

Et dans 150 ans, on n'y pensera même plus
A ce qu'on a aimé, à ce qu'on a perdu,
Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues !
Finir tous dans la terre, mon dieu ! Quelle déconvenue.
Et regarde ces squelettes qui nous regardent de travers,
Et ne fais pas la tête, ne leur fais pas la guerre,
Il leur restera rien de nous, pas plus que d'eux,
J'en mettrais bien ma main à couper ou au feu,
Alors souris.

Et dans 150 ans, mon amour, toi et moi,
On sera doucement, dansant, 2 oiseaux sur la croix,
Dans ce bal des classés, encore je vois large,
P't'être qu'on sera repassés dans un très proche, un naufrage,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais que veux-tu ?...



Photographie de Mishu Vass



mardi 8 décembre 2009

Attendre . . .

Chers tous,
Encore une fois merci pour vos commentaires qui me font si chaud au cœur, et désolée de ne vous donner qu'une réponse collective.
Je ne peux vraiment pas faire autrement, je dois limiter mon temps d'enfermement dans mon "placard" !
Les choses se compliquent un peu pour moi. C'est la seconde semaine de suite que je suis obligée de suspendre mes soins. En fait, j'ai certainement voulu trop en faire et je paie les pots cassés. Je serrai les dents pour pouvoir tenir ma promesse de sortir définitivement pour noël, et du coup ce ne sera qu'une permission. Je suis prolongée au moins jusqu'au 15 janvier 2010 (et j'en serai à plus de 4 mois d'hospitalisation).
Je ne vous cache pas ma tristesse.
J'ai retrouvé dans mon agenda un texte que j'avais écrit justement quand j'étais dans la salle d'attente du chirurgien.
Pardonnez-moi de ne pas vous apporter de la gaieté, mais mon cœur est dans le blues.



On est tous là, dans la salle d'attente. Air compassé, mine triste de rigueur.
Attente de qui, de quoi ?
Où est la salle des pas perdus ?
Mes pas perdus ne le sont pas pour tout le monde.
Le chirurgien tout puissant derrière la porte, le regard affûté, l'œil rayon X, nous imagine déjà . . .
Ouverts, sanguinolents,
Couverts du champ opératoire qui fera de nous : qui un genou, qui une épaule, qui une colonne vertébrale.
Moi, je ne serai qu'un genou bétadiné exposé sous la lumière violente typique des salles d'opération.
Je n'en suis pas encore là. J'attends le prince, le roi du scalpel.
Celui qui détient le savoir et la toute puissance sur mon genou.

Toutes ces opérations qui ont marqué mon corps ne pourront jamais être effacées. Même par les caresses délicates d'un amant dévoué et ardent.
Ardent ! Un mot, un de plus qui n'est plus fait pour moi.
J'ai trop aimé, j'ai tant aimé . . .
J'étais toute entière contenue dans ce mot : "ardent".
Un mot qui effraie et qui fascine. On peut se brûler à un feu ardent et les braises que les flammes veulent bien laisser sont encore bien vivaces !
Ne dit-on pas "Marcher sur des charbons ardents ?"
Que suis-je devenue ? Cette souffrance qui est devenue la compagne des mes jours et de mes nuits.
Parfois si violente que je sens la colère m'envahir ainsi que l'envie d'en finir.
Parfois douleur "exquise", je fais le tout petit geste qui va déclencher la douleur, juste pour me sentir vivante.
Douleur pour m'inciter à mourir.
Douleur pour me sentir vivre.
Ma vie est un mouvement de balancier. Je ne peux jamais prévoir, anticiper, la fulgurance de la souffrance.
Et pourtant j'avance.
Une heure après une autre.
Mouvement de balancier.
Une journée après une autre.
Mouvement de balancier.
Une semaine, un mois, une année,
bientôt huit années ...
Mouvement de balancier.
Texte Marie B.