

Louis ARAGON : LES MAINS D'ELSA

Une femme nue à sa fenêtre
offerte
au printemps séculaire
Des oiseaux
près de son appartement
se regroupent
pour un conciliabule
les rues se peuplent
d'anges vagabonds
de marchands de pacotille
de vestales du bitume
La voie est librecomme l'air de la soute
comme le chant du rossignolcomme le parachute
parmi les nuages
La voie est libre
pour laisser place
aux veuves fraternelles
aux fugueurs de l'espace
La voie est libre
pour plonger dans l'inconnu
Une femme nue à sa fenêtre
déploie les frasques du désir
dans ses yeux fastueux
se reflètent déjà
des rendez-vous prometteurs
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