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mardi 5 avril 2011

Ma dernière demeure (avant de mourir)...


Fenêtre bretonne de Didier Massé



Si tant est que le choix se propose à moi, si je ne meurs pas foudroyée comme mon père, d'un infarctus en pleine force de l'âge, voici la fenêtre qui pourrait être celle de ma dernière demeure jusqu'au jour où la grande faucheuse viendra faire son oeuvre.
Cela ne m'angoisse pas car si je vis dans cette maison, ou plutôt cette cabane de pêcheur (plus côté de mes Pyrénées Orientales que de la Bretagne) c'est que mon rêve se sera réalisé.
L'ameublement sera chiche. De mon ancienne vie, il ne me restera que des souvenirs qui n'auront qu'une valeur sentimentale.
Le bracelet de naissance de ma fille
Le lapinou de mon fils. Celui qu'il a eu pour ses premières Pâques et qu'il a aimé jusqu'au tout début de son adolescence (et peut-être même encore un peu secrètement).
Et des photos. Et des lettres. Des lettres comme celles qu'on écrivait avant l'apogée d'internet. Les lettres que mon papa m'envoyait quand j'étais étudiante bien loin de chez moi. Les petits mots que maman m'écrivait après chaque dispute et qu'elle glissait sous ma porte, pour tenter de m'expliquer pourquoi elle s'était mise en colère ou pourquoi je l'avais blessée, combien elle se sentait impuissante devant ma maladie et que c'était cela surtout qui la mettait en colère. Les cartes que ma fille m'envoyait de colonies de vacances. Les petits mots que mon fils me laissaient sur la table de la cuisine avant de partir pour le collège puis le lycée. Quelques lettres d'amour, des hommes qui ont partagé ma vie...
Sans doute quelques fleurs séchées, des coquillages ramassés par les enfants pendant les vacances.
Quand ils étaient encore petits et que nous partions tous les trois en vacances...
Un caillou en forme de coeur trouvé par mon fils. Et toutes ces petites choses si précieuses à nos yeux mais sur lesquelles personne d'autre ne poserait son regard.
Il y aura peu de pièces. Juste une petite chambre pour moi, d'où je verrai la mer même depuis mon lit.
Et peut-être deux autres chambres pour recevoir mes enfants et mes petits-enfants à naître.
Les ami(e)s sont parti(e)s depuis bien longtemps. La maladie est la meilleure amie de la solitude.
Une cuisine toute simple, avec du carrelage bleu... en fait toute la maison serait bleue.
La salle de bain aussi, bien sûr. Un peu de confort dans la salle à manger/salon.
Et peut-être, si c'est possible, une petite cour devant la cabane. Et des chats qui ronronneront au soleil sur le muret bien chaud.
Un homme avec lequel je serai bien, mais qui n'habitera pas avec moi. Je garderai ma liberté jusqu'à la fin.
Mais il ira pêcher. Nous mangerons du poisson tous les jours, le midi et le soir. Et nous rirons en regardant l'horizon. Nous rentrerons et nous ferons l'amour avec tendresse, avec lenteur.
Il restera un peu, jusqu'à ce que nous ayons fini de parler et de nous caresser. Il ira dormir dans une cabane pas très éloignée...
Et puis la mer, son odeur, son bruit, sa douceur, sa fureur, sa couleur changeante. La mer omniprésente, omnipotente. Celle qui sera la Déesse que j'adorerai, que je prierai chaque matin et chaque soir.

Tombée de la nuit en Bretagne de Didier Massé

Enfin, une nuit, une fois que je serai seule. Je sentirai le moment venir. Je fermerai les yeux, j'écouterai le chant des vagues qui roulent puis s'échouent sur le sable. Et ce sera terminé. La mer continuera à chanter, les chats à ronronner, mes enfants à être heureux, et mon homme à pêcher.

Photo de Marie Bousquet


Photo de Marie Bousquet




































































































































































Texte de Marie Bousquet.

Merci de respecter la propriété intellectuelle et de ne pas utiliser tout ou partie de ce texte ou de ces photos sans l'autorisation écrite de leurs auteurs.
                                                                                                                                              


samedi 14 novembre 2009

Une Mère Universelle ???

Photographie de Deb Cloud

Un petit mot rapide avant d'entrer dans le "vif du sujet". Merci pour tous vos mots doux, vos bisous amicaux, baveux, muflesques, glavioteux, babouinesques etc...
Comme d'habitude, je suis désolée de ne pas pouvoir venir sur vos blogs pour vous remercier de manière plus personnelle.
Mon placard est toujours aussi inconfortable et je ne peux pas rester longtemps sur internet. Mais tout cela, vous le savez déjà, pas vrai ?
Ah ! J'allais oublier l'essentiel... Merci d'être présents, merci de ne pas m'oublier. Vous n'imaginez même pas le plaisir que j'ai à vous lire ! Cela adoucit un peu mon quotidien. Alors merci, encore et encore...
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Peut-être avez vous vu, comme moi, ces images étonnantes de centaines de personnes, qui attendaient durant des heures, pour avoir le privilège d'être étreints, pendant une vingtaine de secondes, par une hindoue : Mahatma Amma. Cet évènement n'avait pas lieu en Inde, mais en France !
En effet, elle était dernièrement à Pontoise. Vous pouvez trouver un article évoquant cette rencontre ici.

Je trouve cela étonnant et je me pose des questions. Pourquoi cet engouement pour cette femme, cette maman universelle (car c'est ainsi qu'elle se voit) ? Où sont donc nos mamans ? Bien sûr, un certain nombre d'entre nous n'ont plus leur maman. Et je peux comprendre ce besoin viscéral de recevoir un câlin d'Amma. Mais je crois aussi que c'est le signe que notre société va mal. L'hindouisme attire de plus en plus les occidentaux. Les hommes ne croient plus en Dieu, mais ils ont tout de même besoin d'une certaine dose de mysticisme... et d'amour.

Alors pourquoi pas s'épancher sur le giron d'Amma, qui ne promet rien, qui ne demande rien en échange ? Bien sûr, il y a des "boîtes à dons", pour ceux qui ont envie d'aider la Mahatma Amma dans ses actions humanitaires.
Elle n'est pas un "gourou". Elle ne dirige pas une secte. Elle dit vouloir "étreindre le monde, pour la paix et l’harmonie".

Mais tout de même, pour ceux qui ont encore leur maman, n'est-il pas plus naturel de se réfugier dans leurs bras ? De recevoir un câlin, un soutien, de celle qui nous a mis au monde ? Ce n'est peut-être pas aussi évident que cela. Quand on devient adulte, il existe (cela n'engage que moi) une distance établie par la pudeur. L'Amour est là, mais quand on a 30, 40 ou 50 ans, c'est difficile d'avouer qu'on a besoin de redevenir tout(e) petit(e), blotti(e) dans les bras de sa maman. Lâcher prise, se laisser bercer et consoler par la présence, les caresses, l'odeur de celle qui nous a donné la vie.

Alors sans doute est-il plus facile de le faire dans les bras d'une Mahatma Amma, image presque déifiée de la Mère éternelle, aux rondeurs rassurantes...
Ceci et la dimension "exotique" du personnage fascinent et attirent les foules.

Drôle de Monde tout de même, vous ne trouvez pas ?


Photographie de Bee Jay
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En savoir un peu plus sur la Mahatma Amma.

Véritable star en Inde, Amma étreint qui veut. Cette étreinte est appelée darshan. Une manière de transmettre paix et harmonie. Après avoir étreint plus de 25 millions de personnes dans le monde, Amma, considérée comme un mahatma, soit une "grande âme" au même titre que Gandhi.
Derrière tant d'amour et de fraternité, Amma c'est aussi une véritable industrie. En France, on estime les dons qui lui sont faits à 300.000 euros.

Fondatrice de l'ONG "Embracing the world" et originaire de l'Etat du Kerala, en Inde, Amma, 56 ans, voyage régulièrement à l'étranger et prend les gens dans ses bras comme message d'amour: elle veut "étreindre le monde, pour la paix et l'harmonie". Selon son entourage, elle a enlacé plus 26 millions de personnes lors de ses pérégrinations commencées en 1987.

Grâce aux dons qu'elle reçoit, Amma finance entre autres des écoles, un hôpital, loge les plus démunis, distribue des saris, paie des avocats pour défendre les droits des pauvres. "Il ne suffit pas de parler de conscience, de philosophie, il faut les mettre en pratique", dit-elle.

Elle est reconnue par le gouvernement indien comme porte-parole officielle de l'hindouisme et a reçu en 2002 le prix de la non-violence des Nations unies.

La Mahatma Amma a fait l'objet d'un film de Jan Kounen, "Darshan, l'étreinte", présenté à Cannes en 2005.

Voir le site internet d'Amma.

dimanche 19 juillet 2009

Entre Enfance et Vieillesse ... Des vies de filles, des vies de femmes, des vies défilent ...

Blue rhyme 1 de Ailian Price

Blue rhyme 2 de Ailian Price

Blue rhyme 3 de Ailian Price


Mais que s'est-il donc passé entre l'enfance sage d'une fillette silencieuse et isolée et l'entrée "en vieillesse" d'une dame qui passe, et s'efface, comme une ombre auprès des vivants ?

A t-elle rempli sa vie de tant d'Amour qu'à la fin il ne lui reste rien ? Que sa solitude n'est qu'un long couloir où cheminent avec elle ses souvenirs ? Et qu'au bout ne se trouve qu'une autre porte qu'elle ne craint pas de franchir ?

A t-elle été toujours en retrait, toujours silencieuse et douce, attentive aux désirs des uns et au besoin des autres ? Veut-elle jusqu'au bout garder son silence, sa discrétion ? Sait-elle au moins qu'on la pleurera beaucoup car malgré sa volonté de rester dans l'ombre, humble silhouette, elle aura été la force, le ciment, de toute sa famille ?

A t-elle jamais connu l'Amour pour l'avoir trop cherché ? A t-elle été trop exigeante, cherchant à tout prix l'Idéal, celui dont elle avait si longtemps rêvé ? Et la solitude aura été sa seule compagne. Jusqu'au dernier jour elle n'aura que regrets et amertumes. Elle aurait pu, elle aurait dû ... Elle n'a pas pu ... Toutes les excuses qu'elle voudra bien se trouver ne lui rendront pas ses belles années.

Petite fille calme et douce, devenue rebelle à l'adolescence. Pourquoi n'a t-elle n'a jamais su franchir les étapes de la maturité ? Elle est pourtant devenue mère, une très jeune maman. A t-elle su vraiment trouver les gestes pour asseoir son autorité ? Elle qui n'a jamais aimé l'autorité, elle est restée ado dans sa tête. Ses enfants ont eu sa tendresse débordante mais a t-elle eu tort d'être plus amie que mère ? A t-elle construit une base suffisamment solide pour aider ses enfants à devenir adultes ? Et surtout, surtout ... a t-elle accepté de les voir grandir, de les voir partir ?

Femme mystère, Femme de l'ombre, Femme rebelle, Femme mère, Femme amante, Femme touchante, n'oublie pas que derrière chaque ride d'un visage de vieille femme, tu peux lire sa vie, si tu t'en donnes les moyens, tu pourras même tenter de remonter à la source, savoir qui elle était. Ce qu'elle a fait, ce qu'elle n'a pas fait, le bien, le mal, sans réfléchir, dans l'imminence du moment. Ne juge pas. Elle a vécu. Respect.
Texte Marie B.

Photographie de Carlos Dias
Quand viennent les années de Christel Ehretsmann

Old woman dreaming de Jef Van Den Houte

Au centreSans titre d'Edwin J.

Old Woman d'Ivatan

Sometimes Broadway, Sometimes the Catskills de Judy Sommerville

Hardship & Happiness De Solani

Femme d'Udaipur (Inde) de Stéphane Burger

Esther de Lawrence Paiken

A life d'Anna Pagnacco

Sorrow de Radu Albu

Alzheimer de Jordi Esteban

Who Knows ? d'Anna Pagnacco

Femme (Inde)

Eos Erigeneia with rosy fingers opened
the gates of heaven de Kristian Mumford

Photographie de Mikhail Grafik

Photographie de Mikhail Grafik

Juliane de Tatiana Volontir

Photographie de Martha Cabey

Photographie de Mike Skillsky

Dream on de Victor Bezrukov

Pretty little girl de Dani Brubaker

Reflection de Robert Byars

Young and Old d'Ahmet Gurses

Life is beautiful

Photographie de Dani Brubaker

Photographie de Martha Cabey

Photographie de Naseer Fedaee

Always... I want to protect
my brother de Sumon Mukherjee

A Girl In The Doorway d'Umair Ghani

Romana d'Adnan Buballo

Miranda de Félix Capote

Photographie de Maya de Dariusz Klimczak

little-miracles de Jamie Nelson

Little pumpkin de R. R.

Joyfull children de Tracy Raver


Sans titre d'André Torres

Secret

bébé de Tracy Raver

Bébé de Jordi Esteban

3 Générations de S. Mason