bleumarie
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mardi 8 décembre 2009

Attendre . . .

Chers tous,
Encore une fois merci pour vos commentaires qui me font si chaud au cœur, et désolée de ne vous donner qu'une réponse collective.
Je ne peux vraiment pas faire autrement, je dois limiter mon temps d'enfermement dans mon "placard" !
Les choses se compliquent un peu pour moi. C'est la seconde semaine de suite que je suis obligée de suspendre mes soins. En fait, j'ai certainement voulu trop en faire et je paie les pots cassés. Je serrai les dents pour pouvoir tenir ma promesse de sortir définitivement pour noël, et du coup ce ne sera qu'une permission. Je suis prolongée au moins jusqu'au 15 janvier 2010 (et j'en serai à plus de 4 mois d'hospitalisation).
Je ne vous cache pas ma tristesse.
J'ai retrouvé dans mon agenda un texte que j'avais écrit justement quand j'étais dans la salle d'attente du chirurgien.
Pardonnez-moi de ne pas vous apporter de la gaieté, mais mon cœur est dans le blues.



On est tous là, dans la salle d'attente. Air compassé, mine triste de rigueur.
Attente de qui, de quoi ?
Où est la salle des pas perdus ?
Mes pas perdus ne le sont pas pour tout le monde.
Le chirurgien tout puissant derrière la porte, le regard affûté, l'œil rayon X, nous imagine déjà . . .
Ouverts, sanguinolents,
Couverts du champ opératoire qui fera de nous : qui un genou, qui une épaule, qui une colonne vertébrale.
Moi, je ne serai qu'un genou bétadiné exposé sous la lumière violente typique des salles d'opération.
Je n'en suis pas encore là. J'attends le prince, le roi du scalpel.
Celui qui détient le savoir et la toute puissance sur mon genou.

Toutes ces opérations qui ont marqué mon corps ne pourront jamais être effacées. Même par les caresses délicates d'un amant dévoué et ardent.
Ardent ! Un mot, un de plus qui n'est plus fait pour moi.
J'ai trop aimé, j'ai tant aimé . . .
J'étais toute entière contenue dans ce mot : "ardent".
Un mot qui effraie et qui fascine. On peut se brûler à un feu ardent et les braises que les flammes veulent bien laisser sont encore bien vivaces !
Ne dit-on pas "Marcher sur des charbons ardents ?"
Que suis-je devenue ? Cette souffrance qui est devenue la compagne des mes jours et de mes nuits.
Parfois si violente que je sens la colère m'envahir ainsi que l'envie d'en finir.
Parfois douleur "exquise", je fais le tout petit geste qui va déclencher la douleur, juste pour me sentir vivante.
Douleur pour m'inciter à mourir.
Douleur pour me sentir vivre.
Ma vie est un mouvement de balancier. Je ne peux jamais prévoir, anticiper, la fulgurance de la souffrance.
Et pourtant j'avance.
Une heure après une autre.
Mouvement de balancier.
Une journée après une autre.
Mouvement de balancier.
Une semaine, un mois, une année,
bientôt huit années ...
Mouvement de balancier.
Texte Marie B.

dimanche 12 juillet 2009

Franck Saïssi : artiste niçois contemporain, expressionniste, déjanté

Vieil hibou moisi de Franck Saïssi

Mes copies ont enfin quitté la maison ! Ouf ! J'ai donc repris mes pérégrinations dans les galeries d'art virtuelles pour dénicher "l'oiseau rare" dont j'allais vous parler et peut-être même que j'allais vous faire découvrir.

L'art contemporain regorge d'artistes de talent, mais encore faut-il aller à leur rencontre. Il est en effet plus facile de se documenter sur les peintres "classiques" connus et reconnus, que d'en découvrir des nouveaux.

J'ai donc eu un coup de coeur pour Franck Saïssi. Né en 1975, il est bourré de talent et a déjà une longue "carrière" derrière lui.
Je trouve que ses oeuvres sont d'une grande force, elles sont puissantes et en même temps, elles sont parfois très drôles, surtout quand il peint des animaux, en particulier des oiseaux. Mais parfois aussi, quand il peint des personnes, il leur donne une tristesse, une crudité qui fait mal, une mise à nu qui ressemble presque à une mise à mort.

Allez visiter son site dont l'adresse est ci-dessous. C'est un artiste complet, il est aussi photographe, sculpteur, vidéaste... et j'en passe ! Actuellement Franck Saïssi vit et travaille à Nice. Laissons-le nous dire quelques mots :

"Aujourd'hui je tache de travailler sur quelques sujets et m'y tenir, les oiseaux, l'humain et son côté sapiens ou pas sapiens, et j'abandonne le modèle, la représentation d'après nature, pour orienter mon travail vers la projection et la représentation mentale, plus libre et qui m'apprend plus sur moi même..."
Son site internet : http://www.francksaissi.com
Sans titre

Je trouve que Franck Saïssi nous montre
une réalité sans concession.
Ce que nous n'avons probablement
pas envie de voir.
Cette femme assise sur le couvercle des W.C,
nue, les pieds dans le bidet, est tout sauf "glamour".
C'est l'antithèse de ce que nous
montrent les magazines.
Oui, toutes les femmes ont des
moments comme cela.
Elles sont lasses, elles ont les jambes lourdes après
avoir travaillé peut-être des heures debout...
C'est un moment intime
qu'aucune femme n'a envie
d'exposer aux regards. Elle se détend.
Elle ôte son masque et se repose enfin.
Les murs de la salle de bain ont
le même teint terreux qu'elle.
Sur son front, une marque rouge,
insolite, incongrue.
Le même rouge que l'on retrouve sur ce qui semble
être une serviette de toilette, sur le rebord du bidet.
Curieux ce rouge. Je ne trouve pas d'explications.
Amadeo

Même tristesse, les yeux presque invisibles,
enfoncés dans les orbites,
presque comme des taches noires.
Les cheveux sont en bataille,
des épis rebelles se dressent sur la tête de l'homme.
On dirait une de ces photos prise
dans un "photomaton",
et que l'on jette après tellement on se trouve laid...
Le cri d'Edward Munch

Pour rappel, Edward Munch est un des pionners de l'expressionisme. Il a peint cette oeuvre sublime en 1893. Mais laissons Munch nous parler lui-même de la Genèse de son "cri" : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang — je m'arrêtais, fatigué, et m'appuyais sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville — mes amis continuèrent, et j'y restais, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui se passait à travers l'univers. »

Si je parle d'Edward Munch, et particulièrement de son tableau "Le cri", c'est parce que dans les productions de Franck Saïssi qui suivent, je trouve qu'il y a là comme un développement de ce qu'a peint E. Munch. Une humanité qui souffre, Une humanité qui se révolte... D'ailleurs le titre de ces tableaux est "Révolutions", suivi par un nombre.

Révolutions 4
(Je ne sais pas ce que représentent
ces signes en arrière-plan,
mais peut-être aurez-vous une idée ?)

Révolutions 6

Révolutions 7

Révolutions 3

Révolutions 10

Révolutions 9

Révolutions 8

Révolutions 2

Conditionnement

Ici, c'est nous qui avons envie de crier, de nous révolter. Cette femme enceinte qui marche dans un flots de voitures dont les pots d'échappement évacuent des fumées noires, épaisses, elle nous touche et surtout la vue de son foetus exposé lui aussi à la fumée grasse qu'elle respire. Fumée qui se transforme en une arme qui vise l'enfant à naître. Franck Saïssi dénonce ici la pollution qui nous entoure. Qui touche les plus faibles, sans même que l'on en ai conscience. Un peu plus loin, en arrière-plan, une autre femme et un enfant. C'est peut-être une projection du futur de la femme enceinte et de son enfant. Conditionnement, tel est le titre de cette peinture. La seconde femme essaie de protéger son enfant des voitures
en mettant devant lui un bras protecteur.

Mais l'humanité est désormais conditionnée pour tout accepter.

C'est si triste et si dur !


Nu sous la pluie

Dure aussi cette peinture qui dégouline de traces noires. Nous apprenons que c'est la pluie, en lisant le titre. Et effectivement, dans le haut du tableau, on peut apercevoir une masse noirâtre, sans doute de gros nuages qui apportent cette pluie polluée.
Que font là ces corbeaux ?

Ils semblent se regarder d'un air de connivence.

Que savent-ils que la femme ne sait pas ?

Beaucoup de questions et bien peu de réponses !


Lecture bleue

Il ne serait pas juste de déduire que Franck Saïssi est un artiste torturé qui ne sait peindre que des oeuvres tourmentées dans la palette des noirs, des gris ou des teintes terreuses.
Cette lecture bleue est sereine et douce.
Et bien entendu, je l'aime beaucoup !

Porcs

Dogclass

C'est avec beaucoup d'humour
que Franck
Saïssi se prend
au jeu de donner aux animaux la place normalement dédiée à l'homme.
Il y a beaucoup d'humour dans ses "porcs"
jouant aux cartes et
aux machines à sous dans un casino.
Quand on regarde bien,
il y a nombre de petits détails qui font sourire.
Regardez ce tout petit porc, en bout de table,
avec son oeil de pirate !
Et la tête un peu ahurie
de ce premier porc à la machine à sous !

Cette classe de chiens aussi est très amusante.
Il n'y manque rien !
Ni le professeur vieillissant à la peau toute plissée,
ni le cancre avec le bonnet d'âne et puni au coin !
Le premier de la classe, à la table
la plus proche du bureau du prof,
aboyant déjà la réponse à la question posée...
Et même l'écriture au tableau
est adaptée aux élèves
de cette classe un peu particulière !
Nous allons aborder maintenant les oiseaux comme thème de prédilection de Franck Saïssi.
Ce sont souvent des corbeaux,
et ils sont souvent très amusants.
Je vous laisse les découvrir.

Upside Down

Tremoline

Rassemblement

Piafs

Piaf vite

Paco

Lueur

Piaf nageur en marche

L'espouvantaillou

Duo de choc

Couvage

Chassé croisé

C'est d'actualité en cette période
de départ en vacances !


Agonie

Ce tableau là, par contre, ne me fait pas rire. Et ce n'était certainement pas le but de Franck Saïssi que de nous amuser avec l'image de ce pauvre oiseau mazouté. Cela me rappelle les images que l'on voyait à la télé à chaque "marée noire". Tous ces oiseaux englués, qui ne pouvaient plus de dépétrer cette masse gluante, puante et sale. Comme c'était triste ! L'homme et sa folie. Ce n'est pas nouveau.

A l'eau

L'oiseau et la mer

Texte et légendes Marie B.