bleumarie
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jeudi 20 décembre 2012

ELLE

 
  


 

Elle partage ma vie depuis plus de dix ans.
Elle est exigeante et possessive.
Elle est retorse et diabolique.
Elle est jalouse et me détourne de ma famille, de mes amis.
Elle me réveille la nuit par ses caresses brûlantes.
Elle me surveille et m'étreint à chaque instant.
Elle partage mon lit, elle partage ma vie.
Elle se nourrit de mon souffle et me tient éveillée.
Elle me tourmente, elle me hante.
Elle enrage quand, pour quelques secondes, je l'oublie.
Elle sait tout de moi.
Elle exploite mes failles et mes faiblesses.
Elle me veut à genoux devant elle.
Elle fait gémir mon corps et affole mon esprit.
Elle est mon obsession et mon ivresse.
Elle m'oblige parfois à imaginer que, sans elle, je n'existerais pas.
Elle me dit à l'oreille qu'elle me rend plus vivante.

Elle est ma douleur.
Elle est la somme de mes souffrances.
Elle est la maladie, le cauchemar de ma vie.

Elle me marque au fer rouge un peu plus chaque jour.
Elle me brise. Elle me démembre. Elle m'écrase. Elle m'épuise. Elle me brûle. Elle me transperce. Elle me crucifie...
Elle, Elle, Elle ...














C'est mon quotidien qu'Elle rend inhumain.
C'est ma famille qu'Elle prend en otage.
C'est mon entourage qu'Elle décourage.
C'est ainsi. C'est ma vie. Je n'ai pas choisi.













Difficile d'en parler, d'écrire : c'est une expérience intime.
On est si seul avec sa douleur.

Mais certaines nuits, écrire peut être un défouloir.
Même si tout cela est peut-être incompréhensible pour beaucoup d'entre vous,
durant quelques instants, je L'ai tenue à distance.
Et curieusement, c'est en parlant d'Elle que je suis parvenue à L'oublier un peu...

 


Merci de bien vouloir respecter le droit à la propriété intellectuelle et de ne pas utiliser tout ou partie de ce texte ou de ces photos sans mon autorisation écrite.

mardi 4 décembre 2012

Que le ciel me vienne en aide ...



Brindille cassée

Depuis quelques mois, la poisse me colle de nouveau à la peau.
Quelques "discordances" avec la boîte américaine pour laquelle je faisais des photos de locations de vacances (Airbnb pour ne pas les nommer, et qu'ils aillent au diable !) ont fait que notre collaboration a cessé.
Sur le coup, cela a été un choc. Et puis j'ai tenté de p.o.s.i.t.i.v.e.r !
Ils m'obligeaient à faire des photos complètement surexposées, baignées par la lumière qui - à mon humble avis - écrase totalement les reliefs.
Et puis j'étais payée avec un lance-pierre. Cinquante euros la séance + une misère pour les frais kilométriques. Pour calculer la distance que je devais parcourir, ils prenaient la mesure d'un point à un autre comme si j'étais un oiseau !
Quand je faisais 40 kilomètres de petites routes sinueuses, cela devenait 20 kilomètres à vol d'oiseau. Bon, je ne vais pas cracher dans la soupe car j'étais contente d'avoir ce job. Et puis cela me permettait de ne pas m'isoler davantage en restant dans ma "tanière".
Cela me fatiguait beaucoup, c'est sûr, mais c'était une motivation.
                                   
Branchages


Les vacances à Sainte-Marie sont arrivées. C'est le moment qui me fait tenir bon le reste de l'année, qui m'aide à faire face aux galères.
Je me ressource, je médite, je tente de faire le point sur ma vie.
Là-bas, à Sainte-Marie (dans les Pyrénées-Orientales), je me sens vivante. Et tellement bien ! En osmose avec la mer qui s'offre à moi.

Dernières feuilles

Puis, vient septembre. C'est toujours un virage difficile à négocier pour moi.
Ce mois là, c'est la rentrée des classes.
Je pense à toutes les rentrées que j'ai faites en tant qu'institutrice. Cette effervescence qui me prenait, les cauchemars qui me hantaient deux ou trois jours avant la rentrée, où je me voyais dans une classe avec une bande de gamins déchainés que je parvenais pas à maîtriser !
Oui, il faut le savoir, il n'y a pas que les élèves qui sont stressés avant la rentrée... il y a aussi une grande majorité d'enseignants ! Dites-le à vos enfants, cela les aidera peut-être à dédramatiser ce jour à la fois attendu et craint.

Fleur nuage

Et puis très vite, l'entrée dans la "morne" saison. Octobre, novembre... Le changement d'heure...
Je suis sortie quelques fois pour des "virées photo", seule ou avec un groupe de Flickr (le site où sont exposées mes photos ).
Mais à chaque fois, je ne sais pas être raisonnable. Et je rentre, fourbue, avec 600 à 900 photos dans mon appareil. Mais comme je suis comblée !
Même si je paie, à chaque fois, un lourd tribut à la douleur.
Mon corps souffre d'avoir marché, d'être resté longtemps debout, d'avoir tenu l'appareil photo dans des positions parfois acrobatiques !

Tramontane

Cependant, même si le mental est là, le corps fait parfois défaut. Je me dirige vers une nouvelle opération, de l'épaule cette fois-ci.
Pour ceux qui me connaissent, ils savent ce que j'ai vécu depuis dix années. : opération sur opération, morphine chaque jour pour calmer les douleurs etc.

Ciel et branches

Oui mais voilà, j'ai le virus de la photo chevillé au corps. Mais puisque je ne peux plus sortir, comment faire ?
Et c'est maintenant que vous avez l'explication du titre de cet article : "Que le ciel me vienne en aide...". Je ne suis pas croyante. Mais depuis chez moi, tous les jours, je peux admirer le lever et le coucher du soleil.
Et le ciel s'illumine ou s'éteint chaque matin et chaque soir d'une façon différente. J'ai donc commencé à faire des photos depuis chez moi.
J'ai de la chance, tout autour, il y a des arbres ! Et puis j'ai un bon zoom.
Depuis mon balcon, ou depuis la petite fenêtre de ma salle de bain, je suis bien placée pour admirer... et photographier ce ciel qui me fascine.
On se console comme on peut. Mais en tout cas, moi, je suis contente de pouvoir continuer à faire des photos. Mon article est parsemé de clichés qui ont été pris depuis chez moi. Je remercie donc le ciel d'être si beau, de m'offrir tant de couleurs différentes, des nuages aux formes étonnantes, une luminosité changeante, bref un spectacle permanent et changeant.
Et merci aussi à ceux qui me lisent et qui regardent mes photos.

Balayage céleste


Strates

Vous pouvez cliquer sur les photos pour les voir en grand format.
Tout le contenu de ce texte, écriture et photos, ne doivent pas être reproduits sous quelque forme que ce soit, sans mon autorisation écrite.
Merci.

jeudi 24 mars 2011

Ma dernière demeure (avant de mourir)

Un cœur breton de Didier Massé

Il y a bien trop longtemps, je vous avais longuement parlé d'un photographe de talent, et ami précieux : Didier Massé.
Je voulais alors faire un troisième chapitre sur ses photos mais son talent couvre tellement de domaines qu'il me serait impossible d'en faire le tour en quelques chapitres.
Par contre, j'avais mis de côté une photo en me disant qu'elle me servirait de base à un article.
Une seule photo de Didier Massé cette fois pour un seul article.
Mais un article un peu égoïste, qui vous parlerait de moi et non de lui.

Photo de Marie Bousquet et travail sur photoshop

Depuis quelques mois, je suis dans une situation de précarité à laquelle je ne m'étais jamais préparée. En étant institutrice, je me voyais exercer ce métier que j'aime jusqu'à la retraite. Et puis la maladie est venue, les années ont passé sans apporter d'espoir d'amélioration, allant même en empirant.
Et me voici donc débarquée de la situation confortable de fonctionnaire pour celle de mise à la retraite pour invalidité.
A 48 ans, c'est difficile à digérer. Et puis même si je n'ai jamais roulé sur l'or, me voici maintenant avec une retraite qui dépasse à peine le seuil de pauvreté.
25 années données à l'administration et puis d'un seul coup, l'angoisse du lendemain.

Mur Hurlant de Marie Bousquet 
(photo et travail sur photoshop)
































C'est vrai qu'il y a toujours pire que soi. Est-ce une raison pour tout accepter et se résigner ?
Le gouvernement actuel mène une politique sociale proche du zéro absolu.
J'attendais une aide de 730 euros. Ce n'est peut-être pas énorme 730 euros mais ça dépanne bien, surtout quand c'est, à un poil près, ce que l'on a mensuellement !
Et bien, en évitant de trop vous raconter en détail, cette aide qui était une aide du rectorat a été supprimée. Mais qui le sait ? En-dehors des personnes qui attendaient cet argent, ou des services sociaux qui ne savent plus comment aider les gens ?

Au 4 de la place Gabriel Péri de Marie Bousquet

Un jour, ce sera la classe moyenne et la classe ouvrière qui descendront dans la rue.
Tout le monde est brutalement tiré vers le bas. Avec tout ce que cela implique.
Un fossé se creuse entre les plus riches et ceux qui ont toujours été, sont ou vont devenir pauvres.

Homme entre-aperçu à sa fenêtre de Marie Bousquet
 
Les denrées alimentaires vont augmenter tout comme l'électricité.
Les hommes politiques de droite se permettent de parler comme le FN, et la plupart d'entre eux ne veulent pas donner de consignes de vote.

Le guetteur des Hautes-Alpes de Marie Bousquet

  
Bébé triste de Marie Bousquet

 Alors qu'il n'y a qu'un seul geste à faire, comme en 2001 : faire barrage au FN...

Nous voilà dans un monde sans repère et sans espoir.
C'est étrange, au début je ne voulais pas du tout parler de cela. Je voulais vous montrer une certaine photo de Didier Massé, une photo qui aurait parlé de ma dernière demeure. Et puis je me rends compte que la sensation de précarité qui me hante m'a fait doucement dévier.
Je ne vous parlerai pas de cela aujourd'hui. Je n'en ai plus le cœur.
Mais j'ai repris contact avec vous. Et même si le propos n'était pas celui prévu au départ, il faut accepter les circonvolutions que ma plume
(clavier !) a prises.
Pour finir laissez-moi, en toute modestie, vous offrir quelques photos que j'ai faites ou sur lesquelles j'ai travaillé (et qui m'appartiennent).

A très vite, ami(e)s.

Bleu, toujours... (mais pas bleu Marine ( quel slogan de m.....!)  le FN a souillé mon pseudo...). De toutes façons, moi c'est bleumarie.... Ne vous trompez pas !

Barque échouée à Tenerife de Marie Bousquet

Oiseau de mer et son reflet dans le port de Saint-Cyprien par Marie Bousquet



Texte et photos régis par les lois sur la propriété intellectuelle. Ne pas emprunter l'un ou l'autre sans mon autorisation ou celle de Didier Massé. Merci.